Comme c'est bon de se perdre !
JOANNA NEWSOM "YS"
Et non , cette jolie petit image n'est pas l'illustration du dernier dépliant de visite de Chambort. Ce n'est pas non plus une reproduction de la tâpisserie du XIIe qui ornait la cheminée du château de mes aieux, représentant l'arrière arrière grand-mère de mon arrière arrière grand-mère dans la fleur de l'âge, mais bien la pochette de l'album de la harpiste de Joanna Newson. Faut l'admettre, ça donne pas franchement envie , on s'attend à subir une bande originale pour un spectacle du Puy du Fou.
Ouvrons donc rapidement le disque et cachons la pochette au goût douteux.
Autant le dire de suite, moi et et la harpe on ne s'entend pas très bien , voire même je préférerai ne pas l'entendre du tout les trois quart du temps. A part pour illustrer les fontaines dans la musique classique romantique ou pour servir de tancarville dans une buanderie, j'ai jamais vraiment compris l'intérêt de cet instrument. Ajoutons à ça que dix minutes de harpe c'est trois étapes du tour de France ( 7 pédales sur l'instrument !! )... ça donne pas envie.
De plus passé cet a priori premier , on se dit que la musique populaire au sens large du terme mariée à une instrumentation savante nous a donné les plus grands bonheurs ( Scott Walker, The Divine Comedy ... ) comme les plus grosses gerbes ( Deep Purple, Metallica .... ).
Trève de préambule , enfournons la galette d'une main tremblante dans le mange disque.
Joanna Newsom, présentons là car ce n'est pas Robbie Williams, a pendant longtemps servi dans l'ombre du chanteur hippie/folk Devandra Banhart entre autres, et sors cette fois du bois pour un deuxième essai solo.
Ni guitares ni batterie à l'horizon, une section de cordes, quelques vents et madame la lavandière, sa voix et son outil de séchage.
Force est de reconnaitre que le charme de cet album opère tout de suite. L'orchestration est limpide, et souligne de manière très élégante les parties de harpe qui pour une fois ne sombre pas dans le poncif. Le tout sonne comme un grand kaléidoscope de timbres et de sons vraiment original.
Le moins que l'on puisse dire c'est que la voix de Joanna Newsom est assez insaisissable. Rappelant à la fois Kate Bush, Björk et Macy Gray ( si cette dernière n'avait pas abusé des anabolisants ) , elle est en même temps grinçante, nasillarde, claire, et expressive. Pensée comme un instrument à part entière elle se fond ainsi dans l'orchestre de manière homogène sans nécessairement assumer de mélodie particulière.
Comme si tout ça ne suffisait pas à chambouler les repères de l'auditeur, les morceaux, affranchis du sempiternel format couplet/refrain s'étendent au minimum sur sept à huit minutes , sans jamais lasser ni se répéter. Une prouesse impressionnante de maîtrise musicale ainsi qu'un splendide et jouissif bras d'honneur à la loi actuelle : "2 accords 2 couplets 2 minutes"!
Alors oui , mesdames et messieurs les drogués du mp3 , pour pleinement apprécier cet album qui mérite réellement le voyage et pas seulement le détour, il va falloir revoir vos habitudes et arrêtez d'utiliser vos disques comme musique d'attente dans les bouchons ou comme passe temps en allant au boulot. Vous allez devoir faire un petit effort , vous sentir un peu perdu, et surtout écouter, mais après tout la musique c'est fait pour ça .
1 commentaire:
J'ai 3 tournées de linge à faire sècher...Elle sera d'ac pour me prêter son tancarville?
Moi
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