lundi 15 janvier 2007

Carpates et Mariachis

BEIRUT "GULAG ORKESTAR"

Aux âmes bien nées la valeur n'attend pas le nombre des années, comme disent les vieux. S'il est vrai que l'adage ne se vérifie pas avec Jordi et Priscilla , il va comme un gant à Zach Condon, tête pensante et homme orchestre de Beirut.

Pourtant sur le papier , y'a de quoi se poser des questions ou se demander si on ne se fout pas un peu de notre gueule (pardonnez-moi l'expression ).Imaginez , un gamin de vingt piges, trompettiste né au Nouveau Mexique, affublé d'un nom de scène tiré d'une ville du Proche-Orient mal orthographié et qui fait de la musique fortement empreinte de tradition des balkans. Y'a de quoi rigoler doucement quand même. J'en suis même retourner ouvrir mon atlas pour vérifier que New Mexico n'était pas un bled de la banlieue de Prague....

Une fois de plus, au placard les éternelles guitares, basse et batterie, ici c'est la fête de l'instrument accoustique, avec trompette, tuba, ukulele ( sans déconner ! ) , mandoline, orgue à soufflet...Un joyeux bordel donc qui ne vous sera pas totalement étranger si vous avez déjà regardé un Kusturica ou écouté Goran Bregovic.
Néanmoins, ce qui prouve qu'il y a un reste de logique dans ce bas monde, là où les indigènes des pays de l'est dopés au tord-boyaux du coin utilisent leur fanfare sur des tempi ( plusieurs bons tempos s'appellent des bons tempi... quel humour n'est-ce pas ? ) de formule 1 comme musique de fond pour une bonne vieille biture au mariage de leur bled , Beirut, fort de sa culture d'homme de l'ouest, ralentit considérablement l'allure et compose des morceaux plus modérés, lents et chaloupés, teints d'une d'une grande sensibilité .

Et c'est bien là qu'on se rend comte qu'on est bien façe à un album de pop, car si tout depuis les couleurs harmoniques jusqu'au style de jeu des cuivres porte indéniablement la marque balkanique, le côté rythmique et syncopé disparait presque sous des mélodies aériennes et le foisonnement des contrechants ( oulah comme c'est poétique tout ça ).

Une confusion de genres parfaite et parfaitement intéressante, porté par la voix , ou plutôt les voix, de Zach qui, en prime d'être multi-instrumentiste et habile compositeur, n'a pas oublié de savoir se servir de ses cordes vocales.

Un bel album donc, tout en finesse, qui montre bien que les étiquettes de genre n'ont aucun sens, et que tous les mélanges sont permis quand ils sont sincères et cohérents .

4 commentaires:

Anonyme a dit…

J'ai entendu un morceau de Beirut sur Fip juste avant de lire ta chronique sur eux. Alors là, évidemment, je n'ai qu'une envie, me précipiter pour écouter la suite de l'album!

Kikibuk a dit…

Tu ne seras vraiment pas déçu , ça en vaut vraiment la peine ! leur disque ne quitte plus ma platine depuis Noël ( et oui papa noël a eu du goût! ) !

Anonyme a dit…

ça y est, je l'ai acheté, j'ai craqué! Je suis en train de l'écouter et pour l'instant, aucune faute de goût...

Kikibuk a dit…

Pas étonnant , y'en a pas !! Même le petit morceau électro "Scenic World " s'il surprend au début passe comme une lettre à la poste !