mercredi 9 mai 2007

A noter sur vos petits carnets.


TURNER CODY

Les premières parties de qualité sont des denrées rares, à vrai dire , de nos jours, c'est même un coup de bol monumental de trouver un opening act intéressant.
C'est pourquoi, après avoir subi un petit groupe de luxembourgeois clones Tom McRae ( dont le dernier album est désastreux d'ailleurs ), j'attends avec impatience l'arrivée d'Herman Düne sur scène.
Et là , surprise, déboule un gugus taillé en point d'interrogation , dégaine mods à fond les manettes , armé d'une vieille Martin des familles. "Et merde, y'a une deuxième première partie", dis-je dégoûté à ma charmante camarade de table.
Mais je n'ai pas le temps de déverser mon fiel plus avant, que le gugus en question attaque son premier morceau.

La claque, purement est simplement la claque . Turner Cody de son petit nom, continue son set, et franchement, le charme opère. Quelque part entre protest song, country, folk et pop, le new yorkais et son petit filet de voix façon Dylan sans la sinusite, prouve qu'il est non seulement un très bon performer, mais surtout un excellent songwriter. A vrai dire ce mec semble avoir digéré une somme d'influences remarquables. On pense tour à tour à Van Morrison, Johnatan Richman, au Velvet Underground, le tout incarné par un seul et unique bonhomme. Les textes sont sublimes, et si son jeu de guitare souffre un peu de tiques instrumentaux, le tout tiens diablement la route et convoie une émotion impressionnante. Pour être clair , j'ai eu les poils pendant une demie heure.

Direction donc la boutique, et 15€ euros plus tard ( c'est dire si la fnac et autres se sucrent.. ) me voilà avec un 45 tour et un album avec , excusez-du peu, Herman Düne en backing band. Sur disque, la magie opère toujours, le son est vintage au possible , les arrangements finement réalisés, et on se rend vite compte que les morceaux de Turner Cody sont hautement addictifs.

Malheureusement , ce petit génie n'est pas distribué dans l'hexagone ( on passe vraiment à côté de tout chez nous c'en est navrant... ). Un conseil donc , notez ce nom sur vos petits carnets et foncez le voir en live dès que possible.
Pour les plus curieux ou les plus riches d'entre vous, sachez que les galettes de Turner Cody sont disponibles directement via son label ( http://www.byrecords.com ) et que vous ne regretterez pas vos euros. De toute façon, je fous cette perle rare sur la radio le mois prochain .

lundi 7 mai 2007

T'étais mignon quand t'étais petit !


STUART A. STAPLES "SONGS FOR THE YOUNG AT HEART"

Les français ne sont vraiment qu'une bande de blaireaux. Non , je ne parle pas ici des 53% de mes compatriotes qui ont choisi d'en revenir au Travail, Famille et Identité Nationale, ce n'est pas le propos de ces pages ( ou presque ).
Seulement voilà, quand les français s'entichent des chansons de leur enfance , on se retrouve avec Bernard Minet en Capitaine Flam et Chantal Goya en icône de la gay pride, ce qui, tu le concéderas lecteur (euse), aurait vite fait de faire passer l'Hexagone pour la capitale du bon goût.
Nos voisin grand-britons , s'il ont les mêmes idées, se permettent eux toutefois d'avoir nettement plus de classe et de finesse.
Voici donc une petite compilation de génériques de séries et dessins animés anglo-saxons sixities revisités par Stuart A. Staples, magicien et vocaliste envoûtant des défunts Tindersticks.
Au menu donc "Puff the Magic Dragon" et j'en passe , autant de titres qui ne vous disent rien, et à moi non plus d'ailleurs, ce qui nous évitera de trouver cette galette géniale pour l'unique raison qu'elle nous remet en mémoire le temps où du haut de notre mètre vingt nous ignorions tout de l'âge adulte, de la vie active et de l'élection d'un roquet de l'UMP.

Il faut bien le reconnaître , la BO de dessin animé n'a jamais vraiment figuré en temps que genre majeur au sein de mon panthéon musical, rien qu'à entendre une chanson de Walt Disney , j'ai de l'urticaire, c'est vous dire.
Pour être franc , les morceaux proposés ici ne font pas réellement exception à la règle de prime abord.
Mais sous la houlette d'un gugus comme Staples, même l'annuaire téléphonique est un potentiel orgasme auditif. Les arrangements sont donc splendides de finesse, cordes et glockenspiel à gogo, choeur de mioches, et parviennent à métamorphoser ces musiquettes en autant de berceuses pop à tomber par terre, pleines de charme et d'une mélancolie un brin dé suette. Certes , on se serait passer de certains synthés un peu trop old-school ("Marie, Mungo and Midge"), mais ce petit accroc est aisément pardonné.

Côté chanteur, là encore, que du bon. Les deux titres chantés par Staples sont envoûtants, Stuart Murdoch de Belle and Sebastian est totalement à son aise sur "Florence's Sad Song", la galloise Cerys Mathews, chanteuse de Catatonia, fait des merveilles sur "White Horses", la palme des meilleurs featuring revenant au la main à Kurt Wagner de Lambchop et Bonnie "Prince" Billy. Si les arrangements envoyaient déjà ces génériques dans une autre dimension, ces invités achèvent d'en faire de vraies chansons, qui parviennent à parler à la fois à l'enfant que j'étais et l'adulte que je suis devenu ( c'est pas beau ça comme formule !! ).

Alors certes j'aurai pu parler du très bon deuxième album d'Arctic Monkeys , ou taper gentille ment sur le nouveau Feist, mais eux, vous les croiserez probablement tôt ou tard , alors qu'un album aussi charmant ne mérite pas de passer inaperçu.

dimanche 6 mai 2007

De tous les français ....... compte là dessus !

C'est de Kent et ça date , mais ce soir ça me semble furieusement d'actualité...


J'aurais préféré une chanson d'amour
Sans un mot déplacé, toute en détours
Baignée d'insouciance et sourire en fleur,
Mais j'ai comme un haut-le-cœur...

J'aime un pays qui a le PAF tout ramolli
Dans ce pays, il y avait des chanteurs pour l'Arménie
Mais il y a surtout un paquet de béni-oui-oui
Et quand ça chie, on n'est pas beaucoup dans le maquis.

J'aime un pays pour la liberté d'expression
A condition que ça puisse rapporter des ronds
Tout est permis, de Charles Pasqua à Bernard Tapie ( la rime marche aussi avec S..... )
Aussi tant pis pour ceux qui croient à tout ce qu'ils disent.

J'aurais préféré une chanson d'amour
Sans un mot déplacé, toute en détours
Baignée d'insouciance et sourire en fleur,
Mais j'ai comme un haut-le-cœur...

J'aime un pays où tout le monde a la parole
Surtout les jeunes qui aiment bien le rock n' roll
Celui qui brille, celui qui mousse et fait des bulles
Belle jeunesse, qui rit quand on l'encule.

J'aime ce pays, j'y peux rien c'est dans ma nature
Je dis tout ça pour faire le malin, ça c'est sûr
Tant pis pour moi si après ça on est en brouille
Mais mon amour, tu sauras qu'au moins j'ai les boules.

J'aime ce pays, j'y peux rien c'est dans ma nature...


Allez , le temps d'avaler la pilule, et je reviens poster....

mardi 17 avril 2007

Un pot bien pourri

KINGS OF LEON "BECAUSE OF THE TIMES"







THE RAKES "TEN NEW MESSAGES"








Pardonne-moi, lecteur (euse) de ne pas avoir donné de nouvelles sur ce blog depuis un petit bout de temps. Seulement voilà , il fait beau, chaud, les oiseaux chantent, les fleurs éclosent, les jupes raccourcissent, les décolletés se dévoilent , les terrasses sont accueillantes, en clair , j'avais clairement autre chose à foutre que de tenter de faire l'éducation musicale on-line d'un bataillon de mollusques incultes.
Et puis, c'est vrai, mes attentes du mois d'avril, qui devaient être de vraies bombes s'avèrent finalement être de bons gros pétards ( hummm ! ) mouillés ( rhooo ). Et quand en plus je me rends compte qu'ils sont acclamés par la critique, je me dis que, par pitié pour votre portefeuille ou votre débit, il est temps que ce blog mondialement reconnu s'empresse de remettre les choses à leur place.

The Rakes fut probablement une des meilleures surprises venues d'Angleterre ces trois dernières années. Premier album bien envoyé, énergique, drôle, efficace, prestations live vraiment enthousiasmantes, un sans faute quoi ( à l'exception peut-être de la dégaine d'ingénieur informaticien puceau du guitariste , mais on peut pas avoir tout bon du premier coup ! ).
On savait que l'étape délicate du deuxième album serait ....... délicate ( mon style progresse n'est-ce pas ). "Ten new messages" est donc isolément une petite déception, et comparé à son prédecesseur une joli embardée dans le fossé.
Déjà , la production est médiocre, sans relief, trop propre et policée, se voulant "new wave" mais ratant complètement sa cible. Les morceaux sont globalement corrects , oscillant entre le bon ( "The world was a mess..." "We danced together" "Down with Moonlight" ) et le peu inspiré ( l'infâme "When Tom Cruise cries", "Suspicious eyes" ) et seraient clairement plus intéressants et réussis servis par un son plus rêche . L'album laisse donc une impression mitigée, un peu insipide, et en écoutant le précèdent et génial "Capture/Release" on a clairement le sentiment de s'être fait enfler par ces dix nouveaux messages, qui vont directement finir à la corbeille.

Tant pis pour The Rakes, allons voir chez les ricains sudistes de Kings Of Leon qui sortent ces jours-ci leur troisième album.
Même si les poilus de Nashville et les branchouilles londoniens n'ont strictement rien à faire ensemble, leur échec est pourtant sensiblement le même en version miroir. The Rakes : de bonnes chansons, un son de chiottes, Kings of leon : un son énorme, pas de chansons du tout. Et oui c'est bien là le souci de ce "Because of the times" , il n'y a pas de véritable morceau sur cet album, pas une mélodie qui se tienne ( "Charmer" en est le plus parfait exemple ), pas une once de songwriting ( "Knocked up" pourrait en donner l'illusion et encore... ). Par contre si vous voulez du gros son ( voire même du trop gros trop produit qui tache bien ... je sais je fais le difficile ) là y'a de quoi faire : batterie puissante , basse énorme, guitares à l'avenant, le tout avec quand même un petit arrière goût de hard rock assez nauséabond. Où sont passées les envolées de "Joe's head" les ballades de fond de bar "Dale old blue", qu'ont-ils fait de ce charme un brin bouseux qui leur allait à ravir ? Fallait pas virer la boue de vos bottes les gars , maintenant on sait que c'est des santiags bicolores à bout pointu. Dommage ...

Allez haut les coeurs, les nouveaux Nine Inch Nails et Feist devraient bientôt atterrir dans les bacs !