lundi 7 mai 2007

T'étais mignon quand t'étais petit !


STUART A. STAPLES "SONGS FOR THE YOUNG AT HEART"

Les français ne sont vraiment qu'une bande de blaireaux. Non , je ne parle pas ici des 53% de mes compatriotes qui ont choisi d'en revenir au Travail, Famille et Identité Nationale, ce n'est pas le propos de ces pages ( ou presque ).
Seulement voilà, quand les français s'entichent des chansons de leur enfance , on se retrouve avec Bernard Minet en Capitaine Flam et Chantal Goya en icône de la gay pride, ce qui, tu le concéderas lecteur (euse), aurait vite fait de faire passer l'Hexagone pour la capitale du bon goût.
Nos voisin grand-britons , s'il ont les mêmes idées, se permettent eux toutefois d'avoir nettement plus de classe et de finesse.
Voici donc une petite compilation de génériques de séries et dessins animés anglo-saxons sixities revisités par Stuart A. Staples, magicien et vocaliste envoûtant des défunts Tindersticks.
Au menu donc "Puff the Magic Dragon" et j'en passe , autant de titres qui ne vous disent rien, et à moi non plus d'ailleurs, ce qui nous évitera de trouver cette galette géniale pour l'unique raison qu'elle nous remet en mémoire le temps où du haut de notre mètre vingt nous ignorions tout de l'âge adulte, de la vie active et de l'élection d'un roquet de l'UMP.

Il faut bien le reconnaître , la BO de dessin animé n'a jamais vraiment figuré en temps que genre majeur au sein de mon panthéon musical, rien qu'à entendre une chanson de Walt Disney , j'ai de l'urticaire, c'est vous dire.
Pour être franc , les morceaux proposés ici ne font pas réellement exception à la règle de prime abord.
Mais sous la houlette d'un gugus comme Staples, même l'annuaire téléphonique est un potentiel orgasme auditif. Les arrangements sont donc splendides de finesse, cordes et glockenspiel à gogo, choeur de mioches, et parviennent à métamorphoser ces musiquettes en autant de berceuses pop à tomber par terre, pleines de charme et d'une mélancolie un brin dé suette. Certes , on se serait passer de certains synthés un peu trop old-school ("Marie, Mungo and Midge"), mais ce petit accroc est aisément pardonné.

Côté chanteur, là encore, que du bon. Les deux titres chantés par Staples sont envoûtants, Stuart Murdoch de Belle and Sebastian est totalement à son aise sur "Florence's Sad Song", la galloise Cerys Mathews, chanteuse de Catatonia, fait des merveilles sur "White Horses", la palme des meilleurs featuring revenant au la main à Kurt Wagner de Lambchop et Bonnie "Prince" Billy. Si les arrangements envoyaient déjà ces génériques dans une autre dimension, ces invités achèvent d'en faire de vraies chansons, qui parviennent à parler à la fois à l'enfant que j'étais et l'adulte que je suis devenu ( c'est pas beau ça comme formule !! ).

Alors certes j'aurai pu parler du très bon deuxième album d'Arctic Monkeys , ou taper gentille ment sur le nouveau Feist, mais eux, vous les croiserez probablement tôt ou tard , alors qu'un album aussi charmant ne mérite pas de passer inaperçu.

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